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 Entre quatre murs.

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Maddox C. Blackbird
Inventeur(euse) des contes
Disponibilité RP : libre.

Nombre de messages : 735
Age : 28
Date d'inscription : 21/11/2011



Feuille de personnage
Age du personnage: vingt-cinq ans.
Profession: ex-taulard, homme de main.
Situation Sentimentale: éternel solitaire.

MessageSujet: Entre quatre murs.   Mar 13 Nov - 4:12

HAINE & MANQUE
Ni horizon, ni avenir, ni jours, ni pleurs, ni cris, ni confiance, ni lit, ni confort, ni peur, ni solitude, ni enfermement, ni emprisonnement, ni rien du tout... Mais peu m'importe tout cela. Le pire, c'est cette frustration qui vous bouffe de l'intérieur, cette rage inconditionnelle d'être enchaîné, dans un endroit où l'on ne veut pas être, avec des gens qu'on ne veut pas connaître, à manger des choses qu'on ne veut pas goûter. Je sens que le manque arrive. Très vite. Trop vite. J'ai peur. Il est là, il me guette. Je ne passerai pas une seconde journée ici. C'est impossible. J'ai trop mal, déjà. Mes dents grincent, je ne sens plus ma mâchoire. Mes ongles se plantent dans la chair de ma main. Mes yeux semblent sortir de mes orbites. Et mon sang qui bat, qui bat, qui bat, toujours ce rythme régulier, paralysant, détestable. Dans les couloirs, je peux à peine avancer. J'entends, lointaines, des voix qui m'insultent parfois de « junky », mais, dans mes oreilles, le mot se déforme et perd son sens. Drogue. Je veux ma drogue. Je veux rentrer chez moi, comme si rien n'était jamais arrivé. Je veux continuer à me droguer pour oublier, pour oublier que j'abandonne mon frère un peu plus jour après jour, que je t'aime à la folie sans jamais pouvoir te le dire, que j'ai peur de tout, que je déteste ma vie, mon être tout entier et tout ce qui l'entoure. J'ai mal. Je le sens. Dans mon ventre, dans mes pieds, dans mes muscles, dans mon crâne. La bête se déchaine. Elle veut sortir. Elle veut sa dose. J'ai la haine.


Dernière édition par Maddox C. Blackbird le Ven 28 Déc - 23:33, édité 1 fois
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Maddox C. Blackbird
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MessageSujet: Re: Entre quatre murs.   Mar 4 Déc - 1:15

DÉSIR & HONTE
Boule dans l'estomac, ongles ensanglantés à force de griffer les murs imperturbables. Ma douleur a beau être insurmontable, personne ne bouge, personne ne me regarde. Je n'existe plus. Toute ma vie j'ai cru touché le fond, j'ai cru que je n'existais pour personne, ne comptait pour personne. Et c'est seulement maintenant, enfermé entre quatre murs dégueulasses, que je me rends compte à quel point j'avais tord, et que je prends peu à peu conscience de l'étendue de ma triste solitude. Je n'ai plus personne, aujourd'hui. Les crises de manques sont passées, les torpeurs de l'enfer m'ont englouties tout entier, elles m'ont bousculé, humilié, lapidé, torturé, et quand enfin j'ai cru voir la fin, la lumière au bout du tunnel, les doux bras d'Adès tendus vers moi... J'ai ouvert les yeux dans cette cellule morbide. J'ai tapé mon crâne contre les barreaux, fort, plus fort, je ne sentais plus rien, puisque j'avais enduré le pire en matière de souffrance. Le sang a coulé. Le monde a tourné. L'insupportable sensation d'être inutile m'a enivré, l'euphorie provoqué par la mort toute proche l'a assassiné, et j'ai chuté, d'au moins mille, dix milles, cent milles mètres, dans un lit au matelas moelleux, entouré d'anges maléfiques et de créatures merveilleuses. J'y ai cru. J'ai fais l'erreur de croire encore une fois à la mort, à ma salvatrice faucheuse, à mon seul moyen de m'en sortir. Mais encore une fois, la vie m'a rattrapé, et avec son rire démoniaque, elle m'a jeté de nouveau dans cette immonde cellule aux senteurs de sueur et de pleurs mêlés. J'ai pleuré. Des jours et des jours. Refusé de mangé, de sortir, de m'entretenir. Je me suis terré, comme le rat que je suis. J'ai fantasmé, et dans chacun de mes rêves, vous étiez là. Les trois amours de ma vie. Erwann, petit frère, je t'aime, et si je refuse de venir lorsque tu viens au parloir, c'est à cause de cette cicatrice sur mon crâne, de ces cernes sous mes yeux, de ces larmes sur mes cils, de cette maigreur effrayante et de ma honte infinie. Je refuse que tu vois la déchéance de celui qui aurait dû être ton modèle, et qui n'a été que l'investigateur de ta vie malheureuse. Rex, toi à qui je ne dirai jamais, jamais combien je t'aime. Pourtant c'est indéniable. On m'a menacé, ici, plusieurs fois. Dans les douches, surtout, tu sais, c'est pas des conneries. Mais mon don me sert bien, dans cette jungle. Et pourtant, il n'y a qu'à toi que je pourrais offrir mon corps, peu importe si ton torse est poilu et ton sexe externe. Et puis toi... Héroïne. Ma drogue, ma tendre, ma douce. Tu ne m'as jamais autant manqué. Oui, je ne suis plus pris de panique, d'angoisse, je n'arrache plus mes ongles, mes cheveux, je ne griffe plus mes bras, mon ventre... Mais je te désire plus que tout. Je suis ton esclave, tu es mon maitre. J'accepte dix milles ans de servitude à tes pieds, j'accepte de me soumettre à toi, corps et âme. Je te déclare officiellement ma flamme, tu es ma moitié. Aujourd'hui, je sais que je ne pourrais jamais vivre sans toi. C'est pourquoi ce que j'expérimente ici n'est ni la vie, ni la mort... C'est une sorte de purgatoire, une attente. Une longue et interminable attente. Je ne rêve que de toi, ma douce... Est-ce que tu m'aimes comme je t'aime? Si l'on me proposait, là, tout de suite, de choisir entre Erwann, Rex, et toi... Je ne suis même pas sûr de savoir si j'hésiterai longtemps avant de te bondir dessus.
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Maddox C. Blackbird
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MessageSujet: Re: Entre quatre murs.   Sam 29 Déc - 0:33

REGRET & AMOUR
Envolé. Devant mes yeux écarquillés, tu t'évapores doucement. Ton visage, dessiné sur les parois d'une cellule qui ne mérite pas pareil beauté, semble peu à peu se déformer, pour mieux disparaitre. La haine, la honte, la peine... Et ça. Ta lettre. Mes yeux l'ont lu et relu une vingtaine de fois, éberlués. Pourquoi? Pourquoi maintenant? Pourquoi m'as-tu fait entrevoir tant de belles illusions, si c'était pour les réduire en cendre dans le pire moment? Quand mon corps, pauvre ancre déraisonnée, touche le fond, s'y enfonce, et se complait dans une noirceur sans égale? Le papier, intacte, à l'écriture fine, féminine, salvatrice, aux lettres soignées, légèrement hésitante, aux mots tranchants comme des poignards, blessants mon âme au plus profond de mes remparts, se tient dans ma main, tremblante. Une lettre. Une simple lettre, et tout autour de moi semble s'effondrer. Tout s'ébranle, le monde tourne, il tourne dans sa danse maladive, squelettique, apocalyptique, et je ne tourne plus, moi. La Terre poursuit se course sans moi, et elle s'en porte mieux. Des barreaux de métal pour m'empêcher de rentrer sur la piste de danse, de te tendre la main pour un dernier slow, et je sens mes yeux s'humidifier. Je ne pleurerai pas. Pas pour toi. Je ne veux pas. Ton sourire, si rare mais d'autant plus précieux... Ta rage quand j'allais trop loin, ta rage qui suait d'une souffrance irréelle, d'une souffrance pourtant profondément ancrée en toi... Et moi qui en riait sans comprendre à quel point, sans toi, je n'étais rien. Plusieurs semaines que je n'ai pas entendu ta voix, et pourtant mes oreilles s'en rappellent au timbre prêt, et je reste là, assis sur un matelas répugnant, comme moi, tout juste bon à me remémorer au mieux tes mots, tes gestes, tes mimiques, tes sentiments que je lisais sans effort, mais que je refusais de comprendre. Et je ne te vois plus, dans l'obscurité de ma cellule. Et je ne sens plus ton odeur, tant mes narines ont tenté de la recréer. Je suis tout juste capable de dessiner un visage qui te ressemble de loin. Tout juste capable de t'imaginer venir au parloir, ton contact sur ma peau, ma langue enlaçant la tienne et tout mon coeur à tes pieds, à genoux. Et moi. Et moi tout entier brisé, rampant dans la terre, baisant tes pieds, soumis, enchainé, à jamais, pour toi. Et ta lettre, je la froisse, inconsciemment, tant mes doigts serrent les papier qui vient de toi, dernier témoignage matériel de ton existence, qui vient chambouler dans mon coeur les images de toi dont je prenais tant de soin. Si je ne suis pas mort, ici, c'est parce que tous mes espoirs se portaient vers toi. J'avais réussi à m'élever au rang d'oiseau indomptable en me voyant me coucher pour toi, et me ridiculiser, et m'humilier, pour toi, Rex, rien que pour tes beaux yeux, juste pour que ta voix me parle encore, pour qu'elle me cri encore des mots sans masque, des mots sans jeu, des mots sincères, des mots crus, des mots amers, des mots qui veulent tout dire, non pas par leur sens, mais par l'intonation avec laquelle tu les dis. Une larme, unique, précieuse, chargée d'émotions et de souffrance, perle au coin de mon oeil, et s'échappe très lentement, pour glisser, humiliée, le long d'une joue affaissée par un amour perdu. Le seul amour de toute une vie. Et ma mémoire, incorrigible, s'imprègne de chacun des mots écrits sous mes yeux... Et je chute dans un océan de pleurs, de douleur pure, de perdition et de doutes. Rex, j'aurais aimé t'aimer à t'en étouffer, être capable de te dire que je ne vivais que pour toi.

« Hé.

Tu sais, j’ai écouté plusieurs fois le message que tu as laissé, sur mon répondeur. Certainement trop de fois, même. Oui, vraiment trop souvent. J’en connais chaque syllabe, j’en connais chaque mot et chaque soupir, tu vois. Les bruits de fond, ils hantent mes pensées. Ça me hante à chaque jour. J’essaie de m’y accrocher, mais sans succès. J’ai dit des choses. Certainement trop. J’aime croire en l’espoir, j’aime croire en toi, j’aime croire en nous. Mais dernièrement, tu vois, je ne crois pas trop en moi. Tu vois, tout autour, les choses s’écroulent lentement, et puis je peine à rester sur mes jambes. Tu comprends? Je sais que….que j’ai dit que je serais certainement assez fort pour supporter tout ça. Pour supporter le long parcours qui nous sépare, et puis rester là, avec toi, et de te tendre la main dans les pires moments. Mais la main tendue vers toi, on me poignarde dans le dos. Fort, très fort même. Trop fort. Je manque d’air, tu sais. Énormément d’air, même. J’aimerais être assez fort pour rester droit, et puis continuer ce que je t’ai promis de faire. Mais la vérité, c’est que présentement… mes pensées ne peuvent pas rester accrocher à toi. Je dois avancer. J’espère que tu comprends. Ce n’est pas contre toi, Maddox. Je t’aime. Tu le sais. put***, je pourrais mourir, pour toi. Je t’aimerais certainement toujours. Mais présentement…présentement, je crois qu’il n’est pas l’heure, tu vois? Ça arrivera certainement un jour, parce que mon amour sera toujours là, tu vois. Mais présentement, je ne peux tout bonnement pas. Surtout avec toi en prison, avec toi accompagné de ta came, de ton boulot et puis de tes choix. Je ne peux pas. Je suis désolé. J’ai mon frère à ma charge, maintenant. Je ne peux pas faire du surplace, tu vois? Tu ne cesses de reculer…et moi, je dois avancer. J’ai besoin d’avance. Je suis désolé. Je sais que le moment n’est pas… c’est pas le bon moment, quoi. Mais le bon moment, il est où? Jamais là, je crois. Donc voilà…Je ne sais pas quoi dire d’autre. C’est juste…j’espère qu’un jour, tu avanceras par toi-même. Moi… Je ne sais pas si…enfin. Je vais arrêter là.

Rex. »
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MessageSujet: Re: Entre quatre murs.   Ven 8 Mar - 19:38

SILENCE & PEUR
Engourdissement... Cinq jours. Pas un mouvement. Réclusion volontaire de cinq longs jours, avec ses nuits hantées de cauchemars cruels et ses journées interminables d'attente et de peine. Silence. Un silence oppressant. Un silence détestable. Le seul que je mérite. Celui qui m'étouffe, qui m'interdit toute réflexion. Celui qui enserre de ses griffes acérés les morceaux de mon cœur éparpillés dans ma poitrine. Et toujours cette odeur. Cette odeur de lâcheté, l'odeur des faibles. L'odeur de ceux qui ont rendus les armes. Et mon corps, immobiles par trop de peur, sous le poids d'une terreur que je ne peux plus porter, que j'ai trainé derrière moi tout au long d'une trop longue vie. Et je tremble. Et au bout de cinq jours sans manger, sans bouger, je me sens enfin vivre. Je me sens enfin là, présent. Et cette peur qui m'anime, et ce silence qui gronde et vibre à mes oreilles, et ces ombres sur les murs, fantômes de mes prédécesseurs enfermés entre ces murs sales. Et moi qui vit. Je respire. Je ressens la peur, et tous mes sens sont présents. Je retrouve ce que c'est que d'entendre le néant, de ressentir l'horreur, de gouter le vide, d'observer ces silhouettes inexistantes. Et je ne suis plus secoué que par une seule certitude, mais pas la plus futile: j'existe. Ma cage thoracique se lève puis s'apaise en rythme avec ma respiration. Un air, vicié ou non, s'infiltre dans mes poumons et nourrit mes membres. Mes doigts tremblants agrippent le drap, et les muscles de mon visage s'unissent pour faire grimacer mon visage. Il bouge. Mes yeux s'ouvrent, se ferment. Mes lèvres s'étirent alors en une sorte de mimique que mon visage n'avait jamais accueilli... Je souris. Faiblement, certes. Mais je souris. Et des larmes emplissent mes yeux, et je vis, put***, et j'existe, bordel, et enfin, j'ai l'impression d'être. Pour la première fois depuis des lustres, je suis Maddox Cam Blackbird. Et je me fous de ce que disent mes papiers officiels, je ne suis pas le rejeton d'une vieille pute, je ne suis plus rien du tout, mais au moins je suis quelque chose. J'ai enfin la certitude que je suis sur cette terre, que je ne suis pas à l'image des spectres de cette cellule. Et si je n'ai pas de nouvelles d'Erwann, et si Rex m'a renié, et si je ne suis plus rien pour Ryan, et bien soit. Je serai mon tout. J'avais oublié. J'avais oublié que ma réclusion dans l'égoïsme, dans l'individualisme et dans l'horreur faisait en fait suite aux déceptions, à la haine emmagasinée rejets après rejets. Alors voila. On m'oublie. Je vous oublierai aussi. Et puisse seulement Norman me libérer. Et puisse seulement mon employeur me sauver. Et je reviendrais, plus cruel qu'avant. Il est révolu le temps des pleurs. Je ne pleurerai plus jamais. Les hommes ne pleurent pas. Les vrais hommes ne connaissent pas le douleur. Alors je revêtirai encore mon masque de fer, et je disparaitrai encore. Je serai le rat, le chien dans l'ombre. Celui qu'on n'aime pas. Celui qu'on refuse de voir. Car vous avez décidé de me blesser, encore. Et vous n'auriez jamais dû. Vous avez créé un monstre.
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