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 Feuilles volantes de Ludlow.

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Ludlow Cheshire
Inventeur(euse) des contes
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Age du personnage: trente-cinq.
Profession: patron du « ludy's jam house » & schizophrène criminel de nuit.
Situation Sentimentale: pas claire. entre souvenirs et présent. entre futur et toujours.

MessageSujet: Feuilles volantes de Ludlow.   Dim 27 Mar - 21:13



« Ludlow Cheshire - 31 ans - Professeur - Dépressif »
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Ludlow Cheshire
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Sam 23 Avr - 19:29

    J'ai perdu mon amour dans un verre de vin rouge.


    J'ai encore erré dans les rues de New York, hier soir, après le boulot. Voila trois semaines que je n'ai corrigé aucune copie, et qu'on me demande chaque jour si je me sens bien. Mon reflet dans le miroir semble me narguer, me dire qu'il fut un temps, j'étais présentable. Des cernes inquiétants ornent mon visage, creusé par la fatigue. J'ai fumé deux joints, déjà, et il n'est que dix-huit heures. Une bouteille de vodka est ouverte, aussi, mais je n'en ai bu que quelques gorgées. Je n'ai aucune idée de pourquoi j'écris dans un foutu carnet. J'en sais rien, mais ça me détend, et ça m'occupe l'esprit. Au moins, pendant ce temps-là, je ne roule pas, et je ne bois pas. Juste concentré sur les lettres que je trace, sur le papier blanc qui se noircit sous mon écriture féminine. J'ai toujours était très féminin, lorsqu'il s'agissait d'écrire, et on me l'a souvent fait remarqué. J'ai craqué, je viens de m'arrêter d'écrire pour fumer une clope. C'est pas si grave. De toutes façons, je ne me souviens plus d'où est-ce que j'ai mis mon pochon. Les deux grammes qui me restaient doivent donc être quelque part sous le canapé, ou par terre dans la cuisine, au milieu de la vaisselle sale qui fait des piles faramineuses. Déchéance? Il faudrait que je trouve la définition de ce mot. Synonymes: Déclin, chute. Je n'en suis pas là, ou tout du moins, ne veut pas l'avouer. Je sais que bientôt, je perdrai mon emploi. J'ai eu beau être un excellent prof ces dernières années, je n'en fous plus une. J'ai même perdu ma foi en la science. Et il n'y a pourtant aucune raison à ça. Je suppose que ce n'est qu'une passade. Ça passera. Oui, ça passera.

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Ludlow Cheshire
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Lun 1 Aoû - 6:21

    D'tous tes problèmes y'en a qui existent pas.


    Quitter sa vie, quitter son job, laisser ses problèmes, laisser son patron, abandonner ses responsabilités, abandonner son collier. Ça y est. Je suis libre. Enfin. L'université n'a pas eu le temps de me "remercier", j'ai démissionné. Et c'est probablement le meilleur choix que j'ai fait depuis longtemps. Tout est parti. J'avais lu, tellement lu, des textes traitant de la liberté. Beaucoup l'interprétaient comme le moment où plus rien ne te rattache à la vie, mais que, justement, tu veux vivre. Contradictoire? Non. Absolument pas. Je comprends aujourd'hui. Les choses qui t'empoisonnent l'existence sont exactement celles que tu as le devoir de faire. Travailler. Payer. Consommer. Crever. N'est-ce pas vrai? L'alcool et le tabac t'amènent plus vites à ta dernière danse. L'innocent spliff qui n'a jamais tué personne est interdit. Formellement interdit. Pourquoi? Mais parce qu'il vous ouvre les yeux, bonnes gens! Si vous le fumer, alors, il vous montrera d'autres horizons, il vous montrera que votre boulot de merde n'est pas une nécessité, mais une connerie! Avec lui, vous comprendrez que l'état et les politiques vous mentent, que les intérêts du peuple sont oubliés, au profit de ceux des aisés, et ça, c'est dégueulasse. Je n'ai plus rien. Je ne suis plus rien. Je ne suis plus qu'un vieux chien solitaire, ce genre de clébard qui erre dans les rues, le genre de celui que le gamin va pas aller caresser, de ceux dont personne ne veut, le sac à puce rebelle qui a renié les valeurs matérielles, et qui, libre comme l'aigle, s'envole à sa manière, vers son idéal. Mon nirvana n'était pas dans mon travail. Mon nirvana est plus loin. Et aujourd'hui, je pars à sa recherche. A la recherche du bonheur.

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Ludlow Cheshire
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Lun 5 Sep - 23:20

    C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce que l'on veut.


    Le vieux nous ramène toujours à autre chose. Vous savez, ces vieilles bricoles que vous gardez dans le grenier pour les redécouvrir des dizaines d'années après. J'ai acheté une vieille baraque en centre-ville. J'y suis resté plus d'un mois à tout refaire, je ne suis pas sorti, j'ai donné de moi-même pour retaper la bâtisse. Et puis, aujourd'hui, j'ai écrit sur le haut de la porte d'entrée: « Ludy's Jam House ». J'ai ouvert mon restaurant. Je ne me suis jamais senti aussi heureux que le moment où j'ai écrit ces vulgaires lettres. J'ai ensuite placardé le planning des prochaines semaines. Il me fallait des gens, pour m'aider. Et puis, il y avait le Fight Club. Le Fight Club, j'en suis devenu membre, puis je suis maintenant l'hôte des réunions. Tout se passe dans mon sous-sol. J'adore l'idée de mettre à profit nos connaissances et nos capacités pour sauver le monde du chaos vers lequel il se dirige inlassablement. Je fais parti du Fight Club. J'ai mon propre établissement. Je n'ai aucun chef. Je n'ai que ma vie face à moi. Je n'ai plus rien, juste une vieille baraque rénovée. Et je suis le plus heureux des hommes.

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CITATION: Fight Club.
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Dim 8 Jan - 8:05

    L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ca que le présent nous échappe.


    Et si il n'y avait plus rien? J'étais -ou je suis- persuadé d'être heureux. Regarde-moi! Que peut-on vouloir de plus? Que PUIS-je de plus? Je dois m'en rendre compte: NON, JE N'AIME PAS CETTE VIE. Après tout, qu'a-t-elle de plus que l'autre? Toujours cette routine assomante! Oh oui, je suis mon propre patron, je n'ai plus cette sensation d'appartenir à quelqu'un. Mais peut-être cette sensation est-elle moins encombrante que celle de n'avoir aucune attache. Je suis perdu, encore, comme toujours. J'ai tout ce qu'il me faut, mais ce n'est pas assez. Et voila que cette foutue drogue, cette saloperie de plante me redonne cette lucidité! Celle de me dire que je ne suis RIEN. Je n'ai aucun pouvoir sur rien. Je sens, je sais que je peux offrir un monde meilleur, quelque chose où tous serait capable, enfin, de vivre sans lendemain! Mais ce projet lui-même est un paradoxe! Espérez un monde -futur- où l'absence du lendemain serait bénéfique est la preuve même que je m'accroche au futur! Je ne veux pas du passé, je révoque le futur, mais je mets en suspens le présent, je le questionne, parce que je reste l'esclave de mon histoire, de mon avenir, de mon passé.

    Qu'ai-je été? Que suis-je? Ai-je besoin d'une postérité? Pour quoi faire? Après tout, le monde ne court-il pas au chaos total? Ne chute-t-il pas vers le pire, toujours, avec une aciduité toujours renouvelée? Je ne sais pas où je vais, puisque je ne sais pas où cours le monde qui m'entoure, sur lequel je n'ai ni influence, ni échappatoire. Je veux m'en sortir, mais pour aller où? La lune peut être atteinte, mais justement, si l'on peut l'atteindre, c'est que l'Homme, un jour, posera le pied sur celle-ci, qu'il l'asservira à sa soif d'argent, de profit, comme toutes les puretés qu'il découvre avant de les exploiter, puis de les ruiner. Est-ce grave de ne plus se sentir chez soi dans sa propre espèce? Si j'ai perdu toute ma foi en l'humanité, comment est-ce que je peux m'échapper? Il n'y a pas de lendemain, c'est un notion, inventée par l'Homme, pour l'Esclave. Je ne veux plus en être un! Ô! Monde! Je demande ma liberté! Je vous supplie de me l'offrir! Je me soumets pour l'obtenir, mais jamais je ne l'atteins! Pitié, je t'ordonne de me rendre ma raison de vivre, ma liberté bordel!! Mais un ordre est l'opposé même de ce que je recherche, la soumission est son l'antichrist de ma religion, pourquoi suis-je obligé de m'allier au Diable pour atteindre mon paradis?

    Je suis perdu. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais même pas où je veux aller, où donc vais-je aterrir? Peu m'importe, tant que c'est ailleurs! Je veux fuir cette vie, mais la mort n'est pas la solution! J'ai expérimenté, ça ne m'as apporté qu'un désir renforcé d'atteindre le bonheur, pour ensuite récolter une désillusion assassine, traître. Je ne peux plus continuer. Il me faut quelque chose. Je dois quitter cette ville mais... Elle représente toute ma vie. Je veux fuir, et pourtant, mes principes m'incombent de ne pas lâcher prise. Je dois me battre, mais pour une cause que je sais perdue! Le bonheur n'est qu'une illusion, la vie toute entière n'est rien, un songe, un voyage, rien de plus!! Les drogues sont une vie en miniature! Le temps d'une nuit, on s'échappe, mais le retour à cette foutue réalité vous détruit un peu plus! Quel homme, dites-moi, est-il mort heureux, avec son désir, son rêve, sa seule raison de respirer, enfin accomplie? Oh, Mandella et Martin Luther King ont réussi leur coup, mais voyez! On en a tant parlé, et pourtant, il ne reste plus rien! Les Noirs sont toujours les ennemis de certains Blancs, et ces derniers sont mal vus par la majorité des peuples!

    La superficielle tolérance, nourrie par le profit, et la soumission, n'est pas, pour moi, suffisante! J'ai une opinion, bon Dieu, et qui donc peut bien me comprendre, me soutenir? Qui, dans ce monde de tarés et de lâches, a donc le remède à ce mal du siècle, ce dégoût profond et irrémédiable pour l'humain, cette haine pour la connerie? Je n'en peux plus, je lâche prise, mon salop de Dieu de mes deux, si tu existes, c'est peut-être le moment de cesser de se branler, et de bosser un peu! Parce que si je sais que c'est possible, d'atteindre ce foutu bonheur... Je sais aussi que ce n'est pas pour moi, condamné à une vie sans goût, sans couleur, en muet. Je me dois de jouer cette pièce jusqu'au bout, puisque les rôles n'ont-ils pas été distribué bien avant que je n'existe moi-même. Notre âme n'a plus sa place dans ce monde du superficiel. Et pourtant, j'arrive encore à m'accrocher à elle, moi.

    En fin de compte, c'est un choix à faire entre son bonheur illusoire ou son accomplissement de soi-même.

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CITATION: Gustave Flaubert.
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Ludlow Cheshire
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Mer 7 Mar - 18:24

    Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus... bizarre.


    Le Ludy's Jam House est devenu toute ma vie, mais, encore une fois, je ne suis pas satisfait. Je suis entouré de personnes très attachantes, prenons Alice, par exemple, ou Luke, ma serveuse et mon barman. Ils sont géniaux, mais je ne vais pas bien. Il y a quelques jours, j'ai oublié d'ouvrir le bar, et ce fut Hatter qui dû le faire. J'ai manqué de m'évanouir en servant un Bloody Mary à un habitué. J'ai renversé un plateau complet en le donnant à Alice. J'ignore ce qui m'arrive, mais je ne me sens plus d'humeur à passer tous mes soirs au Ludy's. Je pense que je vais demander à Luke de s'en occuper, parfois.

    J'ai retrouvé une vieille photographie qui date de mon séjour dans un camp manouche. J'avais toujours aimé l'accordéon, mais mes études ne me laissaient pas le temps d'en jouer correctement. Quand j'étais plus jeune, j'avais tout laissé tomber pendant deux mois, sans prévenir personne, et j'avais fuit avec des gitans. Nous avions parcouru l'état du Michigan ensemble. Ça avait été une expérience vraiment agréable. Et je crois me souvenir que durant ces quelques semaines, je n'avais, pas un seul moment, douté de ce que je faisais. Et puis, il y a eu la maîtrise, la fin des études, la formation en temps que professeur, de longues années dans la même université avec les mêmes collègues et des élèves tous similaires. Enfin, il y a le Ludy's Jam House. J'aime plus que tout mon bar, mais je me sens toujours aussi emprisonné. J'ai besoin d'air, de quelque chose de nouveau, que je n'ai jamais fait, quelque chose de spontané.

    Je suis face au miroir derrière le comptoir du Ludy's. Il n'y a personne. Il doit être quatre heure et demi du matin. Mes employés sont rentrés chez eux. Les derniers poivrots ont quitté vers deux heures. Et je suis seul, encore une fois. Le reflet que me renvoie la glace est celui d'un homme vieux, fatigué. Les cernes qui marquent mon visage accentuent les rides qui le traversent. J'ai tellement changé. J'ai l'impression d'être un revenant. Tout a changé. Moi qui, à l'époque, était terrifié à l'idée des revenants au point de créer des poisons anti morts-vivants, j'avais fait la fête avec de vrais morts à l'Halloween dernier. Toute ma vie était basé sur la science, et, aujourd'hui, je n'avais plus que mon bar et les cours en dissection que je donnais à Eddy, Jeff et Shannon. Il ne me restait plus rien. N'étais-je plus que l'ombre de moi-même? A trente-trois ans, était-ce... la fin?

    Après tout, qu'est-ce qui me rattachait encore à la vie? Je n'avais pas de famille, pas d'amis véritables, pas de but, pas de carrière, pas de chat, je n'étais qu'un chien solitaire, sans attaches. Soupir. Ces derniers temps, je ne dormais plus. Ma vie n'était ni nocturne, ni diurne. Elle n'était plus. Souvent, la nuit, j'aimais tout lâché et partir au hasard sur les rues de New York. En général, je rencontrais d'étranges personnes, assistais à des évènements... bizarres. Je m'étais plusieurs fois demandé si je ne pouvais pas devenir un autre, ces nuits-là, mener une deuxième vie, m'inspirer de quelqu'un, de quelque chose, et devenir un nouveau personnage. Je pourrais, ainsi, changer ma vie et celles d'autres personnes, expérimenter et jouer. J'avais quitté la science, mais les expériences pouvaient toujours être réalisables. Plus de soucis d'éthique, maintenant! Des cobayes humains, il y en avait pleins, là, dehors, dans les rues sombres.

    Il me fallait faire quelque chose. Cette idée me semblait la meilleure. Pourquoi ne pas devenir un justicier masqué? Ou bien... un criminel? Ou bien, quelqu'un de, tout simplement, difficile à cerner.

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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Mer 18 Juil - 20:57

    Ne prenons pas la vie trop au sérieux : de toute façon, nous n'en sortirons pas vivant.


    « Ton âme est sombre, mon bonhomme, ton âme est plus noire que l'encre. Je sens ta force, je sens ton coeur, je sens ses battements malsains et la suffocation de ton esprit. Je sens que ton cerveau s'asphyxie. Je sens que tu deviens fou. » C'est un homme, dans la rue, qui m'a dit cela. Je passais, l'esprit ailleurs, à réfléchir à des théories fumeuses... Et puis un vieil homme s'est interposé sur mon chemin, et en fixant mes yeux, il a murmuré ça. Ces mots. Ces phrases traumatisantes. J'ai couru lorsqu'il eut fini de m'analyser. J'ai couru à n'en plus pouvoir dans les rues immenses de New York, j'ai couru à en perdre la foi. J'ai terminé ma course en me réfugiant dans une ruelle vide, où seul un chat ou deux erraient à la recherche de nourriture. Je me suis accroupi contre un mur humide et usé, j'ai pris ma tête entre mes mains, et j'ai pleuré. J'ai pleuré, pendant ce qui me parut des heures. La nuit est tombé, et je pleurais toujours. Je sentais, moi aussi, je sentais. Je savais que mon âme devenait sombre, je sentais que mon esprit suffoquait, qu'il devenait malsain, qu'à force d'étouffer, tout se modifiait en moi. Je sentais, moi aussi, que je devenais fou.

    Mes doigts tremblants contre mes tempes palpitantes, mes larmes incessantes, empruntant les sillons tracés sur mon visage par l'âge et les désillusions, mes jambes ankylosées, ma tête lourde... Je me suis évanoui. Je n'ai rouvert les yeux qu'au petit matin. Je perdais totalement les pédales. Les questions, toujours les questions. Et les cauchemars, ces insupportables visions de morts, de meurtres, de sang... Ces dissections sur corps humains, ces explorations de l'intérieur d'un être... Et mon mal être, constant, qui m'est indissociable, mon mal être qui me suit partout. En m'éveillant, mes yeux étaient gonflés, mon esprit embrumé, et mon crâne douloureux. En ouvrant les paupières, j'ai compris. J'ai compris que si rien ne me retenait ici, je me devais de faire quelque chose, de créer une entité, n'importe quoi, qui saurait m'attacher à ces rues obscures et à ces gens pressés. J'ai su que ce qu'il me restait à faire, c'était changer, d'une quelconque façon. Et ce qu'il me fallait changer, c'était mes périodes de blues.

    Le spleen m'avait toujours saisi au moment les moins opportuns. En pleine conférence sur le fonctionnement du cerveau, en plein cour sur la transmission des messages nerveux, toujours lorsque la foule posait ses yeux sur moi et attendait, et espérait. Maintenant que j'avais fuit mes responsabilités, ils étaient de plus en plus présent, de moins en moins prévisibles... Il me fallait stimuler mon cerveau dès lors que je tombais dans les méandres du désespoir. Le vieil homme avait raison, j'étais fou. Et je n'avais plus qu'à l'accepter, puisque c'était ainsi. Je me devais de profiter de cet atout, de changer cette faiblesse en avantage. Je devais contre-attaquer, je devais me débattre. La seule chose que j'avais à faire, c'était d'apprendre à maitriser mon démon. J'allais apprendre à maitriser mon démon.

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CITATION: Woody Allen.
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Dim 29 Juil - 3:49

    Je n'ai pas peur de mourir, j'ai peur de ne pas avoir assez vécu.


    Ses mots résonnent dans mon crâne. « Je sens que tu deviens fou ». Je ne comprends toujours pas pourquoi il s'est arrêté devant moi, pourquoi il m'a dit cela, mais je sais que ses mots m'ont marqués. Parce que je deviens fou. Je le sais, je le sens moi aussi. Rien qu'en ce moment, j'entends des pas, sur le perron, mais c'est déjà la troisième fois que je vais ouvrir la porte, et il n'y a personne... Le Ludy's est vide, les rues sont désertes, et le silence a envahit le quartier, mais pas moi. Moi, le bruit me hante encore. Mes doigts tremblent un peu en notant ces lignes. Je ne tremblais pas, avant. Je sens mon regard qui diverge parfois, vers la fenêtre, vers le plafond, ou vers le lit, peu importe. Je ne regarde pas, je ne fais que recevoir les informations que mes sens me donnent sans même les analyser, puis je les dépose dans un coin de mon cerveau. J'étais scientifique, nom de Dieu! Je représentais la science, j'avais des élèves, qui apprenaient de moi! J'avais un esprit d'analyse imperturbable, et aujourd'hui, je suis quoi? Le patron d'un bar qui n'est même pas capable de s'en occuper convenablement, un scientifique à la retraire qui donne des cours de dissection à trois tarés dans son sous-sol, un nostalgique un peu utopiste qui organise des réunions d'un club de boxe illégal? Je suis fou. Je suis totalement dingue.

    Je sais que, peut-être, j'ai encore une chance de sauver mon esprit. Mais cette nuit... Cette nuit, j'ai frappé un homme, et j'ai aimé ça. Je ne l'ai pas frappé comme on fait au Fight Club. Non. Je marchais dans la rue, j'ai croisé un type qui avait à peu près mon âge, alors je l'ai tabassé. Je l'ai jeté à terre, lui suis monté dessus, et j'ai frappé, et frappé, encore et encore. Je revois encore mon poing écraser son visage, le sang de son nez gicler sur le sol. J'entends les bruits de la chair contre la chair, de l'homme contre l'homme. Je ressens sa peur, dans ses yeux, dans ses mains, sur ses lèvres. Il suait de peur, et il saignait de douleur. Et je ne me suis pas arrêté. J'ai cogné, cogné, jusqu'à apercevoir, au loin, une silhouette. En entendant les cris de ma victime, cette ombre a accéléré. J'ai abandonné ma victime inconsciente et j'ai couru aussi vite que j'ai pu. Je ne me suis pas arrêté avant d'arriver au Ludy's. Et maintenant j'écris, le tee-shirt tâché d'un sang qui ne m'appartient même pas, et sa voix lovée au creux de mes oreilles. Mes nerfs craquent. Je ne tiens plus. Je coule, je me noie, et personne ne me retient.

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CITATION: Mr Nobody.
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MessageSujet: Re: Feuilles volantes de Ludlow.   Aujourd'hui à 17:19

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