AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Feuilles volantes.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


Invité
Invité



MessageSujet: Feuilles volantes.   Jeu 25 Nov - 8:06

Cher journal.
Confident anonyme.
Vieux brouillon de mes notes de droit.


A quoi pourrait servir de te donner un nom, de toute façon ? Tu finiras bien aux flammes comme tous les autres journaux qui t’ont précédé. Comme toutes ces feuilles volantes que j’ai un temps griffonné et jeté sans même me relire. Ca n’a jamais eu aucun sens.

De toute manière, tu n’es pas là pour me parler. Tu n’as surtout pas intérêt à me répondre. Quand on est croyant, on n’a pas de journal. Quand on veut se confier à quelqu’un, on s’adresse à Dieu. Mais en ce moment, je n’ose même plus m’approcher d’une église. Mes prières quotidiennes, je ne les dis que du bout des lèvres, ne sachant plus si je dois y croire ou non, y mettre tout mon cœur comme auparavant, quand ce cœur n’appartient plus au Seigneur mais à quelqu’un d’autre.
Une réponse de Sa part me terrifierait plus qu’autre chose, j’en suis certain.
(illisible)

Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Jeu 25 Nov - 8:07

Je suis allé voir Quasimodo aujourd’hui. J’ai croisé au passage l’une de ses trois amis, je suis incapable de me souvenir de son nom, alors que pourtant j’ai dû vérifier leur casier judiciaire plusieurs fois, pour être sûr que rien de mal ne sortirait de cette relation.
Sa vie quotidienne est banale, semblable à celle que j’ai eu pendant des années. Comme d’habitude, jamais il ne sort. Aucune activité autre que celle des cours et ses propres occupations créatives. J’espère que ne lui viendra jamais à l’idée de s’enfuir et d’utiliser sa créativité dans une troupe quelconque, surtout celle de la Cour des Miracles.
J’ai essayé de l’écouter me raconter ses journées, mais je dois bien avouer que je n’ai rien retenu. (Les autres fois, j’essayais vraiment, pourtant, bien que ce soit très ennuyeux.) Chaque fois que je le revois, je repense à ce jour où nos destins se sont croisés pour la première fois, ce jour qui a été ma première erreur fatale, ce jour où j’ai tué quelqu’un sans le vouloir.
Ce jour que j’aurais sans doute tant aimé effacer, en même temps que lui, sans aucun regret, mais je ne peux plus.
Car sans lui, il n’y aurait pas eu de méprise avec le spectacle de la Cour des Miracles, jamais la bohémienne ne se serait dressée contre moi, et jamais…(inachevé)

(Je ne peux pas l’écrire ; physiquement, je ne peux pas, c’est encore impossible. Pourquoi chercher à l’écrire ? Tout cela appartenait à une autre vie)

« Je voulais vérifier, voir si c'était possible… »
« Vérifier quoi ? »
«Si c'était possible, psychologiquement. »
«Si quoi était possible psychologiquement ? »
« Si, psychologiquement, une femme...pouvait répondre à l’appel d’un inconnu. Si c'était possible. Psychologiquement. »
(La Double Vie de Véronique)

Quasimodo m’a demandé pour ses leçons ce que signifiait Anankè. Je ne sais pas d’où il sort ce mot.
« Elle nous domine. Anankè, c’est du grec, mais pour nous, c’est la fatalité. »
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Ven 26 Nov - 10:26

Aujourd’hui a failli être un jour ordinaire à New York. Il était ordinaire en tous points à tous les autres, à première vue.
Mais en franchissant la porte de la New York Tower, je me suis alors aperçu qu’il neigeait.
La première neige de la saison.
Passé mon étonnement, j’ai alors commencé à marcher jusqu’à mon lieu de travail, de mon pas habituel, rapide et austère. J’ai surtout fait attention à ne pas glisser, mais d’autres étaient moins précautionneux que moi, bien sûr.
Je me suis senti, assez bizarrement, comme si j’étais cette héroïne d’un vieux film vu il y a des années. J’avais encore la scène et cette musique, si hantant, dans ma tête. Je voyais le personnage dans les rues de Pologne enneigées, marcher vivement, son essai de musique à la main, esquissant la mesure de sa main libre. Je me souvenais aussi de l’expression de son regard innocent et pourtant déjà si déterminé, comme si elle savait déjà qu’à l’instar de la musique qu’elle chantait, elle portait à cet instant sa mort en elle-même. Sûre du chemin fatal qu’elle avait déjà choisi en continuant à chanter cet aria si pur du Paradis de Dante.
Et comme elle, à un moment, une personne me bouscula dans sa course pour attraper un bus, me faisant lâcher ma sacoche et répandant son contenu par terre.
Je restai un instant immobile, regardant les gens qui passaient autour de moi et qui m’étaient totalement étrangers. La blancheur de la neige se mêlait à celles des feuilles manuscrites qui s’imbibaient d’eau et s’envolaient comme des papillons égarés. Cela ne provoqua en moi pour une fois aucune irritation, aucune émotion. Je voyais l’encre noire se délaver au contact des flocons, et c’était tout. Je ne sais pas pourquoi, mais cette neige blanche, immaculée, ramena à moi le souvenir de la rencontre avec Ambre Rose de Bellecourt dans la bibliothèque.
J’ai relevé la tête vers le ciel dans cette rue quasiment déserte, contemplant le ciel vide et cotonneux, empli d’un gris qui n’était ni monotone ni triste, juste entre deux états, entre le soleil et la froideur glacée de l’hiver, ce même hiver que je portais en moi.
Et pourtant, alors que des flocons effleuraient mon visage et mes paupières, fondaient au contact de ma peau, il me vint à l’esprit que je n’avais plus regardé la neige tomber depuis des années. Complètement oublieux de ce qui m’entourait, je levai légèrement mes mains gantées, observant les larmes blanches du ciel persister sur la noirceur de cuir protégeant mes doigts, les considérant se dissiper les uns après les autres, mais toujours remplacées par d’autres touches de blanc. Mon regard remonta vers le ciel, et la légère pique du froid s’évanouissait dans la chaleur de ma peau.
Pour la première fois depuis si longtemps, je compris ce que voulait dire la première neige, je compris l’innocence et l’émerveillement des enfants face à ce manteau vierge qui revenait chaque année. Cette froideur que je possédais au plus profond de moi-même et que je n’avais pourtant plus pris en compte par l’habitude.
C’était poser sur le monde un regard sans haine, redécouvrir que la vie n’était pas âcre mais douce – une douceur de vivre amère, en ces premières secondes de l’hiver revenant. Et avec lui, reviendrait le printemps – la chaleur qui transformait ces flocons en traces humides, semblables à des larmes, sur mon visage.


Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Sam 1 Jan - 11:44



A thing of beauty is a joy for ever:
Its loveliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams...

(Tout objet de beauté est une joie éternelle :
Le charme en croît sans cesse ; jamais
Il ne glissera dans le néant, mais il gardera toujours
Pour nous une paisible retraite, un sommeil
Habité de doux songes...)


(John Keats, "Endymion", premières lignes.)

Je ne pensais plus qu'on apprenait encore la poésie, dans les écoles de nos jours...Quasimodo m'étonne encore, parfois.
Cela fait très longtemps que je n'ai pas réécrit sur ces feuilles volantes...

Et pourtant j'exulte, mon coeur est empli de joie, et l'hiver semble vaincu ; il semble que la lumière ayant pénétré dans ma vie m'ait aveuglé, comme ces taches sur les yeux lorsque l'on regarde trop longtemps le soleil. Et cette cécité, je ne la regretterai jamais, quand bien même elle dusse me faire souffrir, quand bien même je sacrifierai tout pour elle, il me semble que je ne voudrai jamais oublier ces sentiments-là.
Car depuis que je l'aime, je ne suis plus vide, je ne suis plus l'homme sombre, je ne suis plus froid, je ne suis plus mort, et cet amour est la vie pour moi...
Que Dieu me condamne, que les hommes me condamnent ! Comme Keats, je [ne] m'étonnais [pas] qu'on puisse mourir en martyr de sa religion ; l'amour est ma religion, et donc je pourrais mourir pour vous. Ne plus aimer Esmeralda...la douleur serait trop grande, et je suis trop égoïste, sans elle je ne respire plus...et même si cela me tourmente d'être avec elle, si c'est à la fois un bonheur et une torture, une torture...dans l'enfer de son sourire, il y a la vie.
Secrètement, secrètement...

(La suite est déchirée)
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Mar 29 Mar - 22:55

« J’étais malade. J’étais mon propre bourreau. J’étais plus que jamais mon infatigable accusateur. Je me roulais, me débattais dans mes chaînes jusqu’à ce qu’elles finissent par se briser – mais me retenant à peine, elles me retenaient encore. […] Le peu qui me restait de mes chaînes devait se briser entièrement, sinon elles se renforceraient et m’attacheraient plus solidement encore. […] J’y étais. Non. Je n’y étais pas. Je ne touchais rien. Je n’avais rien. Je n’osais pas mourir à la mort et vivre à la vie. »

« Vérité. Lumière de mon cœur. Ne laisse pas ma part obscure me parler. Je me suis dispersé là-bas. Je suis obscur. Mais là, même là, je t’ai aimé à la folie. Je me suis perdu et je me suis souvenu de toi. J’ai entendu ta voix derrière moi. Reviens. J’ai mal entendu à cause du vacarme d’une impossible paix.
Maintenant, regarde, je reviens vers ta source. En feu. Le souffle coupé. Personne pour m’en empêcher. Je vais la boire. Je vais en vivre.
Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J’ai été ma mort. »


Même Saint-Augustin se ligue contre moi, dans ses mots écrits il y a si longtemps et qui ont encore tant leur sens.

Claire, Esmeralda. Conducteurs de lumière, révélateurs de mon être, de tout ce que je voudrais être, de ce que je veux sans le vouloir, de ce que je fuis tout en le recherchant. L'abandon est-il si facile à faire ? Est-il plus facile de s'offrir ou de se donner ? Si Claire a raison, alors j'ai tort. Si je peux changer, cela me terrifie. Si je peux changer....La façon dont elle m'a regardé ce jour-là en se mettant à genoux devant moi, quelque chose s'est brisé, quelque chose m'a brisé plus que je ne l'étais déjà. Je l'ai haïe, je l'ai admirée, je l'ai adorée, et je l'ai détestée, détesté le fait qu'elle mette ses paroles et son visage presque entre mes mains, comme si elle avait la plus entière confiance en moi. Je ne me confie pas ma propre vie, je ne sais où sont mes limites, je ne sais ce que je peux faire, Claire. Lumière...

Esmeralda...Et c’est en ces sombres moments qu’il me semble devenir fou, car je me dis qu’il aurait suffi que je ne fusse pas Claude Frollo ; que si j’avais été un autre homme, n’importe lequel, j’aurais eu le droit de lui dire que je l’aimais, j’aurais pu me coucher à ses côtés, et la toucher en laissant libre cours à mes sentiments et mon désir. Et cette envie terrible, ce dilemme atroce me déchirent alors, me rendant incapable de me voir plus tard dans le moindre reflet. J’en suis venu à haïr tout ce qui renvoie mon image ou même mon nom et mes titres. Je m'écoeure. J'aurais l'impression d'avoir à côté de moi non le cadavre de la femme que j'aurais tué, cela aurait été avant ; mais mon fantôme, le mien, un esprit que je ne pourrais jamais regarder en face. Si elle ne me détruit pas, c'est moi qui la tuerai et je le sais...Inaccessible, impossible, impossible, alors qu'elle est si proche, qu'elle est là pourtant...pourtant. Absolu, transcendance ultime ; rêve.

Javert, Phoebus. Entre la statue de pierre et le soleil vivant, entre ce que j'aurais dû être et ce que je voudrais être. Adam avait raison, Adam a toujours eu raison. Entre l'inamovible et la gaieté, entre le vide, la non-vie, la protection inébranlable, et l'autre, le soleil, la fierté, l'insouciance, le fait de ne même pas se remettre en question. Puis-je en arriver à jalouser les deux, ces deux opposés ? Car je suis au milieu, et entre ces deux extrêmes est la torture. Aucun des deux ne semble se remettre en question. Chacun a cette paix d'esprit que je n'ai plus, chacun peut relever dignement la tête en n'ayant aucune honte de ce qu'ils sont. En bien, ou en mal.

Egoïsme, orgueil. Quel est la troisième part dominante chez moi ?

Tout cela dans un milieu qui m'est inhabituel, au milieu d'Oscar Reed, parmi Jafar Osman, parmi ce trio toujours fourré ensemble. Tout cela dans un monde où tout change. Je ne sais plus quoi faire.

Si je me brise, si je me livre, si je deviens ce que j'ai toujours détesté, que ce soit en sauvant Esmeralda, et en emportant le plus d'ennemis avec moi. "Et je te forcerai bien à suivre le destin qui te lie à moi ! Dût-il m'en coûter la vie, non, non, je ne partirai pas !"

"Mais le jour de l’épreuve arrivera : oh ! alors, quand vous céderez à la violence des passions, quand vous sentirez que l’homme est faible et sujet à errer ; lorsque, en frissonnant, vous jetterez l’œil en arrière sur vos crimes et que vous solliciterez, avec effroi, la miséricorde de Dieu...désespérez du pardon..."

(Soudain, chaque livre que j'ouvre me condamne ; peut-être ma bibliothèque devrait-elle rejoindre le feu de l'enfer et nourrir les flammes de ma cheminée...)

Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Lun 18 Juil - 13:53



It's like I can't breathe - It's like I can't see anything - Nothing but you....

Parfois, il me semble que cette vie n'est pas réelle ; et je crois qu'aujourd'hui est un jour encore moins réel que les autres.

Un homme peut-il changer ? Une âme condamnée peut-elle espérer le salut ? Peut-on devenir un homme de bien après avoir été le pire de l'humanité ?

Il n'est pas question de revenir en arrière ; il n'en sera jamais question. Mais chaque regard que je pose sur le passé me glace intérieurement ; et je vois l'étendue des fautes que je devrais me pardonner. Je ne sais même pas si j'en ai le désir. Car au fond, je n'ai jamais considéré mes péchés comme tels...Et il n'y a donc aucun véritable désir de repentir en moi. Tout ce que j'ai à faire, c'est non me corriger, mais enfouir ce passé et l'oublier. Tout oublier pour me tourner vers la nouvelle vie.

La seule chose que je sais, est que la vie m'est à nouveau offerte avec toutes ses possibilités ; qu'il est impossible que je retourne à la solitude, à ces heures emplies de silence et d'austérité. Quelque chose a changé, et de cette statue que j'étais autrefois, je cherche à atteindre le contraire...non Dieu, mais l'humanité...non la perfection, mais la faiblesse...non la mort, mais cette vie qui est belle, pour sortir de cette existence qui est la mort, pour rejoindre l'amour. Pour tomber amoureux de cette humanité que j'ai si longtemps méprisé. J'ai retrouvé un frère...."faire une famille avec ceux qui n'en ont pas"....


Elle est "LA" femme...à jamais.


Dearest, I feel certain I am going mad again. I feel we can’t go through another of these terrible times again and I shan’t recover this time. I begin to hear voices and can’t concentrate. So I’m doing what seems to be the best thing to do. You have given me the greatest possible happiness. You have been in every way all that anyone could be. I know that I’m spoiling your life and without me you could work, and you will, I know. You see, I can’t even write this properly. What I want to say is that I owe all the happiness of my life to you. You have been entirely patient with me. And incredibly good. Everything is gone from me but the certainty of your goodness. I can’t go on spoiling your life any longer. I don’t think two people could have been happier than we have been.

Dear Leonard. To look life in the face. Always to look life in the face and to know it for what it is. At last to know it. To love it for what it is, and then, to put it away. Leonard. Always the years between us. Always the years. Always the love. Always the hours.

The Hours - Virgina Woolf





(Ce sont les dernières feuilles volantes de Claude Frollo.)
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Ven 14 Oct - 20:22

Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Sam 15 Oct - 11:26


Ti gibel maya.

Il est inutile de prier.
J'ai mis en colère les Cieux
Il n'y a qu'un abysse devant moi
Et je me tiens dans ses limbes.
Je me sens doux et amer
Qu'importe ce que cela sera ! Que cela soit !
Mais ce ne sera qu'une seule chose :
Le fait qu'elle sera ma perte.

Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Et il n'y a ni salut ni pardon pour moi
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Et il n'y a nul regret en moi
Seulement le désespoir
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition

Dans mes rêves et dans mes jours
Tout ce temps où je m'imagine
T'embrasser
Te caresser
Ce fragile coude
Ce blanc genou...
Oh, désir, désir, désir...
Plus fort que le feu en Enfer.

Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Et il n'y a ni salut ni pardon pour moi
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Et il n'y a nul regret en moi
Seulement le désespoir
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition

Je pensais avoir réduit au silence
Et pour l'éternité, la voix de la chair
Et maintenant je brûle comme de la poudre
Et je me liquéfie comme la cire
Je lève les mains pour une terrible malédiction
Et je les referme
Pour une étreinte passionnée

Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Et il n'y ni salut ni pardon pour moi
Tu es ma perte
Tu es ma perte
Et il n'y a nul regrets en moi
Seulement le désespoir
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Tu es ma perdition
Nul salut
Nul pardon
Ti gibel maya...
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Jeu 24 Nov - 21:36


"Je suis à bout de forces,
Mes os sont brisés,
Mon âme est bouleversée.
Reviens, et délivre mon âme,
Sauve-moi, en raison de ton amour.
Je songe à toi sur ma couche,
Mon âme se presse contre toi,
Ta droite me sert de soutien.
Protégez-moi des ouvriers du mal.

Voici qu’ils guettent mon âme,
Ils reviennent au soir, ils rôdent par la ville,
Tant qu’ils n’ont pas leur soûl, ils grondent.
Tu me tires du gouffre tumultueux,
De la vase, du bourbier.
Et moi, je chanterai ta force,
J’acclamerai ton amour au matin.
Oh ma force, pour toi je jouerai.
Oui, c’est toi ma citadelle,
Le Dieu de mon amour."


Dernière édition par Claude Frollo le Dim 25 Mar - 0:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Mer 7 Déc - 20:49

Je pourrais faire tout ce que tu m’ordonnes, cela est vrai. Je pourrais essayer de cesser de l’aimer ; je pourrais la laisser en prison ; mais non, jamais ! Car cela m’est aussi impossible que pour toi de tenter de ne plus me haïr. Si c’est une séparation, un adieu, alors il l’est pour jamais, il est inutile de revenir vers moi quand tu en auras besoin !

[...]

Car c’est ma vie que j’ai mis à tes pieds ; ce sont mes sentiments que je t’ai donnés ; c’est mon sang que j’ai sacrifié pour toi.

[...]

Et tu ne m’aimes pas ! Non, tu ne m’aimes pas. Mais ce n’est pas cela qui est dur ; c’est de comprendre que j’ai tout abandonné comme tu m’as demandé de le faire ! Et pourtant cela ne suffit pas. Mon existence ne t’est pas assez et t’indiffère ; alors que je meure de ta main, que cela soit fini ! Non point de salut, mais la perdition et la mort uniquement, pour toujours et par ce qui aurait dû me sauver. Comme j’ai été stupide, oui ! Il aurait mieux valu que jamais je ne te rencontre jamais ; tant de souffrance n’aurait pas existé. Mais montre ton inhumanité, comme tu l’as toujours été ; porte-le, ce dernier coup ! Tu sais bien qu’il n’y a qu’une certaine phrase à répéter ou à dire, et cela sera fini !

[...]

"Qu’importe. Le choix est le même."

Et je ne savais quoi lui répondre ; car je savais pertinemment que le tort et la raison étaient de son côté. Je m’accrochais tellement à ce qui restait de l’ancienne vie car c’était le peu qui me restait ; car j’étais, je le savais, encore incapable de m’en détacher totalement. Tant que les fantômes erreraient sous mes yeux nuit et jour, danseraient autour de moi-même lorsque j’étais éveillé, tant que j’entendais encore l’écho de leur voix – cela était impossible. L’autre vie, une nouvelle vie, me terrifiait trop – probablement parce que j’aurais été trop tenté de lui obéir. Oublier le passé, faire taire toutes ces anciennes résonances, abandonner les vieilles habitudes…C’était un effort, non, une volonté toute entière qu’il m’aurait fallu ; plus de force que je n’en avais pour l’instant.

[...]

La recrudescence d’un flot de haine revint en moi ; je me mettais à penser maladivement que j’avais tout abandonné, tout brisé, tout détruit, en vain, en pure perte, en pure autodestruction. Il ne me restait rien, et c’était à cause d’elle.

-Je m’y refuse, dis-je lentement.

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance - Dante. L'Enfer.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Sam 24 Mar - 23:51

CHOEUR
Adjutorum nostrum in nomine Domini
qui fecit coelum et terram.
Sit nomen Domini benedictum
et hoc nunc et usque in saeculum.

FROLLO
Je vise maintenant un coup double,
et la tête de l’insurgé n’est pas le plus précieux.
Ah ! voir dans ces yeux si fiers
s’allumer la flamme de la passion...
Pour lui la mort
et pour elle, mes bras...

CHOEUR
Te Deum laudamus !
Te Deum confitemur !

(Le chant sacré qui monte aux voûtes de l’église fait
sursauter Frollo, comme s’il s’éveillait d’un rêve. Il se
reprend, fait le signe de la croix)
FROLLO
Esmeralda, tu me fais oublier Dieu !
(il s’agenouille et prie avec dévotion.)
CHOEUR, FROLLO
Te aeternum
Patrem omnis terra veneratur !




Mon frère,

Comment commencer ? Par où expliquer ?
Vous disiez que les hommes ne pouvaient changer, et vous avez raison, ou ne peuvent-ils changer que vers le mal.
Vous disiez que mon seul choix aurait été de ne pas abattre Phoebus, ou de me laisser prendre à la place de la bohémienne. Egoïstement, j’ai failli, comme toujours.
Vous disiez aussi que la justice était aveugle, et c’est ainsi que je l’ai mise en œuvre pendant des années.

Pourtant, vous êtes resté là, m’accusant, certes, me faisant voir le puits du péché dans lequel je m’engouffrais, et la frêle corde pour m’en sortir, tenue par vous. Quelque part, vous avez fait preuve de la seule miséricorde que vous n’aviez d’ordinaire jamais envers les criminels ? Pourquoi ? Question sans réponse. Et j’aurais probablement dit que je m’en moquais, si seulement vous ne comptiez pas autant.

Voyez-vous, il est étrange de regarder le passé, et de voir que nos reflets se sont dégradés, que l’absolu auquel vous aspiriez soit tombé, et que de l’humain qui voulait être Dieu ou ange, finalement, vous êtes redevenu…humain. Et que puis-je dire ? Si ce n’est que j’ai suivi le même chemin ? Et pourtant, comme je l’ai déjà dit, je ferai pourtant tout pour éviter cette route. J’ai pris sur moi les péchés du monde, ou du moins les miens propres, parce que ce monde est fou et sans sens.

Il y avait un acteur de théâtre, je me le rappelle, qui exprimait les choses d’une certaine façon. Nous avons le secours du rôle que nous interprétons. Vous disiez que je vous mettais sur un piédestal ? Eh bien, ne l’avez-vous pas fait, vous non plus, à mon égard ? Il y a le secours du rôle interprété. Ce que nous faisons, ce que nous accomplissons dans nos métiers, dans nos réputations, dans nos faces immuables où seuls les yeux expriment la soif d’existence se réveillant en nous, c’est ce que nous ne faisons pas dans la vie. Et ainsi, parfois, nous sommes tels que nous aurions dû être, pour quelques secondes seulement. Mais nous n’usons jamais de cette inspiration pour vivre, tout comme nous avons toujours besoin de nos reflets idéaux pour nous estimer, pour continuer à croire en quelque chose, pour ne pas sombrer dans ces passions qui nous dévorent et dans cette noirceur qui nous étouffe.

Et c’est un drame ; « de toujours provoquer et nourrir, inconsciemment, l’échec propre à nourrir le réquisitoire » de ceux qui sont les plus proches de nous ; de ceux que nous aimons.

Vous auriez pu me dire « Tu n’es plus mon frère. »

C. F.


Je n’ai plus le droit de vous donner un quelconque surnom.

Eh bien ! Qu’importe ? En quoi est-ce ma faute ? Pourquoi a-t-il fallu que toutes les femmes qui existent s’incarnent en vous ? N’était-ce pas vous, ce vertige ? Vous, la femme, là, dans cette rue, sur cette place, dansant au soleil, ou fuyant comme une voleuse ? En quoi vous intéressais-je, en quoi cela vous regardait ? J’étais là, et à quoi bon ? Comme un homme inutile, qui avait toute sa vie à recommencer parce que lui, eh bien le patron ! Vous voyez bien de qui je veux parler ! Il ne voulait pas, ou plus de moi ; et il me renvoyait ainsi à l’ancienne vie, inutile, oui, toute l’ancienne vie à recommencer, avec le poids d’un nouveau péché, et la rage d’avoir goûté à la vie, et de l’avoir laissée s’échapper, par sa faute !
Si cela était une chute, je l’accepterais ! Un silence coupable, voilà tout ! Je ne nierais ni ne confirmerais ! Je vous regarderais, c’est tout, et peut-être que de ce regard, vous comprendriez toujours que je n’ai pas cessé de vous aimer un instant. Il y a quelque chose de juste et de plaisant dans ces délires fantasmagoriques où j’abandonne tout, y compris ma lâcheté, y compris tout ce qui me reste, heureux, oui, infernalement heureux de m’y enfoncer pour vous, et où je dirai simplement : C’est moi qui l’ai tué…

Et vous seriez là, peut-être non plus la même, mais vous seriez libre.
Et un jour, j’ai rêvé que vous vous avanciez, divinisée, idéale, avec ce sourire qui n’appartient qu’à ceux qui ont déjà le sacré et la transcendance en eux : Notre enfant est née ; c’est un grand mystère.
Et j’aurais ri, j’aurais souri, j’aurais pleuré, même derrière ces barreaux, même dans cette solitude qui rompt l’esprit et vous crève le cœur, et vous ramène à l’abnégation et le salut, et j’aurais simplement dit : C’est toi !...

C’est toi, c’est vous, mais toi pas plus qu’une autre ! La seule, l’unique.

Et j’aurais crié à Dieu : « Et au-dessus de Vous, il y a l’amour, il y a elle, il y a l’amour d’elle ! » Perdition. Déréliction.

Oui, au-dessus de l’amour, il n’y a rien, pas même Vous.

Claude.



Oui, je le sais, je comprends maintenant : C’est vous que j’aurais aimée. Si les choses en avaient été autrement.
C’est pour cela qu’il faut que tout soit fini entre nous. Claire, dites-moi que vous ne m’aimerez pas.
Moi, je ne vous aimerai pas.

C.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Mar 12 Juin - 14:26

"Why does someone have to die?"
"Someone has to die in order that the rest of us should value life more."
"And who will die?"
"The visionary."



Aren't we all sinners knocking on heaven's doors ?
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Ven 9 Nov - 22:15

Ô vous qui êtes sur une frêle nacelle,
Désireux d'écouter mes paroles,
Vous suivez mon vaisseau
Qui chante et vogue.
Ne vous lancez point au large
Car en perdant ma trace
Vous resteriez égarés.
La mer que je prends
Ne fut jamais parcourue,
Minerve m'inspire,
Apollon me conduit
Tandis que les neuf Muses m'indiquent l'Ourse...


"Deux identiques ? Pourquoi deux ?"
"Parce que l'un finit toujours par se briser."

Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Lun 18 Fév - 15:52

"Vous allez la tuer, j'espère."
"S'il fallait tuer toutes les femmes, tous les imbéciles !..."
"Evidemment...et pourtant, ça simplifierait tellement les choses."

Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité



MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Mar 29 Oct - 20:15


Est-ce ma faute si Notre Père
A fait les hommes moins puissants que Lucifer ?
Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Feuilles volantes.   Aujourd'hui à 17:37

Revenir en haut Aller en bas
 

Feuilles volantes.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 ::  :: Journaux Intimes-